Lors du congrès Apimondia 2025 à Copenhague, la chercheuse grecque Fani Hadjina a présenté une étude préliminaire préoccupante concernant la pollution de la propolis. Ses recherches mettent en lumière l'impact du glycérol (glycérine) utilisé dans les nouvelles présentations d'acide oxalique en lanières (traitement longue durée), comme c’est le cas pour la spécialité Calistrip Biox.
Un taux de contamination qui pose question:
L'étude révèle que l'on peut retrouver des taux de pollution au glycérol atteignant 25 % dans la propolis après traitement.
Au-delà du problème de la contamination d'un produit destiné à la consommation humaine, une question fondamentale se pose. Comme le souligne Etienne Bruneau du CARI (lors de la conférence UNAF, à 1h07), quelles sont les conséquences réelles sur la colonie ? En effet, en altérant la propolis, on dénature une substance aux propriétés antibactériennes et antivirales puissantes, véritable « bouclier immunitaire » de la ruche.
Plus généralement, nous rappelons notre préférence pour les traitements « flash » à l’acide oxalique (par sublimation ou par dégouttement). Le choix commercial des lanières glycérinées expose les varroas à des doses d'acide sur une longue période, ce qui risque de générer des résistances à l'acide oxalique. Une telle évolution serait catastrophique pour la survie de nos cheptels.
Respecter le cadre légal et sanitaire:
Enfin, c’est l’occasion de rappeler que l’introduction de n’importe quelle substance dans nos ruches, (qu’elle soit alimentaire ou sanitaire) présente un risque parfois insoupçonné. Les conséquences peuvent être désastreuses et à l'opposé de l'effet recherché.
C’est pourquoi le respect des AMM (Autorisations de Mise sur le Marché) est fondamental et limite les risques. L'apiculture ne doit pas s'improviser : ne jouons ni au nutritionniste, ni au pharmacien, ni au vétérinaire.

